LA CYCLONOT' 1997
THEIZE EN BEAUJOLAIS LE 6 SEPTEMBRE
L'ENGAGEMENT D'UN TEMOIN
Au contraire d'autres provinces, le Beaujolais n'est pas un monde clos, limité par des barrières géographiques précises et vivant sur ses uniques ressources.
Qui pourrait dire où commence et où finit pareille région bénie des Dieux et des hommes, chantée par Gabriel Chevallier où le passé se mesure encore en millésimes et la qualité des années à la couleur de ses vendanges.
Nulle limite évidente ne s'impose à l'esprit ou aux sens. Nulle certitude n'est offerte dès l'abord par la nature ou par l'histoire. Simplement, un sentiment subtil et indéfinissable s'empare très vite de celui qui veut bien accueillir l'émotion de confins incertains où s'annonce brumeuse et vague la reconnaissance à venir, la route à parcourir.
Point de frontières par conséquent au-delà desquelles s'affirmeraient d'un coup quelques traits essentiels mais tout au contraire une lente découverte où va se dessiner au rythme de la course peu à peu et sur fond de terroirs, un pays et ses gens.
Quittant la Corrèze la seconde édition de la Cyclonot' se déroule cette fois au coeur du beaujolais, au pays des pierres dorées, en un circuit de 50 kilomètres à flanc de coteau.
A nouveau tout a été pensé, préparé organisé par celui qui en est l'inventeur Jean Paul Gayot, assisté de l'infatigable Maître Raoul Lamy, notaire à Theizé, le "régional de l'étape".
Le nouveau président du conseil régional des notaires du Rhône Maître Patrick Auray, attentif à toutes et à tous a le privilège de donner le signal du départ à plus de cinquante participants venus de l'Ain, de l'Allier, de Corrèze, de la Cote d'Or, de la Loire, de la Manche, du Rhône, de la Seine et de la Vienne.
En une longue descente glissée le peloton compact des 50 coureurs quitte le beau village de Theizé pour s'étirer peu à peu paresseusement. Chacun prend ses marques dans un paysage où les vagues de vignes montent par grandes houles sombres, venant buter sur les rochers siliceux et s'y briser en éclaboussures de petits ordons capricieux.
La route épouse sans crier gare un virage serré. Un écart se crée alors qui va s'enflant et grandissant comme la calomnie dans la tirade du barbier de Séville.
Très vite le fossé va devenir gouffre lorsque les premières difficultés se présentent dans la cote de Rivolet qui mène au Parasoir. Rivarol ne disait-il pas déjà que l'homme qui s'élève s'isole ... Nous reviennent alors en mémoire les exploits de jadis et naguère accomplis en d'autres temps, en d'autres lieux par quelques princes de la montagne. Aujourd'hui ils ont pour nom Feriaud, Guibert, Steinmetz ou Bidegaray.
Un long répit pour plonger dans la vallée d'Azergues car il faut beaucoup de creux pour donner des reliefs et puis c'est peu à peu la lente ascension à flanc de montagne pour gagner le col du Chatoux et redescendre sur Oingt.
Les visages se creusent, les dernières forces sont jetées dans la bataille alors que devant, roulant de pairs à compagnons, quelques brillants esseulés ont encore durci le train.
Mais c'est déjà le clocher de Theizé en beaujolais et l'arrivée salvatrice.
A Maître Feriaud venu du Gard premier à l'arrivée le prix du Conseil régional, au tout jeune Matthieu Guibert brillant second le prix du benjamin, à Maître Brault prometteur notaire parisien le prix de l'élégance.
Tous les participants reçoivent qui du Crédit Agricole, qui de la Société Coutot-Roehrig coupes médailles et bonnes et belles bouteilles de vins longs en bouche de la cave coopérative de Beauvallon qui effacent vite la fatigue du moment.
Il n'est de compagnie qu'on abandonne . Un dîner à Anse au restaurant "le Saint Romain" clôture ces festivités auxquelles se sont joints Maître Jean-Louis Laurent l'actif président de la Chambre des Notaires de l'Ain et Maître Marie-Eve Roze-Sylvestre la souriante déléguée à l'information du Conseil Supérieur du Notariat.
La "bande-son" de la salle était révélatrice et la qualité du restaurant facile à apprécier à l'oreille. Le glou-glou molletonné du beaujolais, le craquement des mille-feuilles montraient combien tous étaient heureux d'être là, disponibles, détendus, jubilatoires.
A la prochaine édition de cette magnifique cyclonot' qui s'annonce déjà avec plus d'une centaine de participants !
Pourquoi ne pas imaginer que la Cyclonot' bénéficiera alors de cette triangulation si contemporaine entre sport, retransmission télévisée et mécénat.
Jean Claude ROEHRIG
25/09/97
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