On ne change pas une équipe qui gagne !
En Octobre 1991, la Chambre Départementale des Notaires de l'Ain se voyait décerner par le Conseil Supérieur du Notariat le prix de l'innovation.
En Septembre 1996, le conseil régional de la Cour d'Appel de Lyon, à l'initiative de son Président Jean Paul GAYOT - Notaire dans l'Ain - organisait un "cyclonot" au Lonzac : l'esprit restait le même : surprendre, innover, réussir.
Faisant sienne la belle formule de la Comtesse de Noailles "l'important n'est pas d'être sage, c'est d'aller au devant des dieux" Jean Paul GAYOT et sa talentueuse équipe voulait, au travers de pareille manifestation nous aider ... A quoi donc ? mais tout simplement à l'accomplissement d'un rêve d'amour chargé de réminiscences enfantines. A défaut de pouvoir nous inscrire à la grande course hexagonale qu' était autrefois le Tour de France, il souhaitait nous faire participer au championnat de France des Notaires et Clercs de Notaires.
Le lieu en avait été soigneusement choisi : Au Lonzac, en Corrèze dont chacun sait que le chef lieu en est Paris depuis que son plus illustre représentant a été élu à la magistrature suprême.
Force nous est de reconnaître que l'aimable commune du Lonzac malgré tous ses attraits semble plus connue pour sa foire primée d'automne de veaux de lait et de taurillons nourris aux prés que pour l'importance de son club cycliste...
Mais peu importe tout cela avait fière allure :
Une large banderole tendue à l'entrée du Lonzac annonçait le championnat. Cinquante coureurs étaient attendus. La salle des fêtes était prête, l'estrade surchargée des coupes et des prix offerts par toutes les bonnes fées du "sponsoring".
A lire le parcours proposé la course elle même avait une belle et lointaine saveur de revanche puisque par son ampleur, par ses difficultés elle semblait déjà contenir toute la mémoire des autres courses déjà disputées ailleurs, autrefois, autrement.
Une rituelle inscription des participants venus de tous les horizons et de toutes les régions. Une "sévère" vérification du matériel débarqué des voitures avec "casque à coque rigide obligatoire" un rapide toilettage des bicyclettes ..., nous étions prêts à être les hérauts d'un cortège prêchant le sens de l'effort, la solidarité, le goût du risque. Mais dans cette dernière perspective une pluie généreuse et constante allait jouer son rôle : Pas besoin alors d'en parler , les regards suffisaient.
Dès 15 H le départ était donné : un circuit "protégé" de 13,5 kilomètres à couvrir quatre fois.
A nous d'affronter un bitume coulé en pentes douces, en rocailles tortueuses, en somptueuses descentes.
Devant très loin, un jeune taurillon déjà largement primé la semaine précédente dans une obscure course "nationale" qu'il avait bien entendu gagnée de haute main nous semblait confondre foire primée d'automne et championnat national ... Tous l'oubliaient très vite.
Pour les 24 vaillants survivants un équilibre s'établissait : la course s'organisait peu à peu alors qu'une saine fatigue mêlée d'effroi renivelait à la base et renouvelait par la base le lot des prétendants aux places d'honneur.
Descentes infernales, montées interminables se succédaient dans une province à villages découverts dans le haut des cotes, le creux des vallons, le contrebas des routes, sans autre signe de vie et d'encouragement que de rares cheminées fumant dans le chaume des toits gorgés de pluie.
Encore et toujours nous tentions de mettre notre inspiration en harmonie avec le terrain choisi, poussant nos montures d'un bord de route à l'autre, soutenant notre rythme, assurant le suspens pour arriver au dénouement.
Quelques coups de pédales amples et onctueux et nous avions tous gagnés ! Pas besoin du regard de nos nombreux supporters pour en être sûrs. Nos muscles nous l'affirmaient en une ivresse de vivre accrue.
Après c'était ... du Jules Romain
"Les copains", les amis, les suiveurs. Vin d'honneur et discours, arrosages et cochonnailles ! dans cette "chiraquie" où l'hospitalité aussi généreuse que désintéressée fait bon ménage avec bonne chère et vins vieux.
En remerciant celui qui a porté sur les fonds baptismaux ce premier cyclonot, gageons que l'an prochain quand sonnera à l'horloge de la destinée avec le milieu du jour l'heure du départ pour sa seconde édition, nous aurons à nouveau sous la houlette de Maître GAYOT un nombre accru de participants avides de partager l'ivresse de vivre et d'innover qui nous animait tous en ce 21 Septembre dernier.
Jean Claude ROEHRIG
3/10/1996
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